Grand-Bassam: Histoire
La ville est fondée au milieu du XVe siècle par les Nzema.
Le premier Européen à explorer la région de Grand-Bassam est le Portugais Soeiro da Costa en 1469. Il nomme l'actuel fleuve Comoé Rio de Mayo et baptise la rivière d'Assinie de son nom, Rio Soeiro da Costa.
Les premiers Européens à signer le traité avec Bassam du roi Peter qui n'était alors qu'un village furent Charles Philippe Kerhallet et Alphonse Fleuriot de Langle le 19 février 1842. Le Fort Nemours, le premier fort durable de la côte avec celui d'Assinie, y est construit en 1843, après le débarquement du lieutenant de vaisseau Fleuriot de Langle, qui devait mener à un traité entre la France et Denis Rapontchombo, dit roi Peter, le roi Bley Peter (19 février 1842), le roi Peter était avec ses notables Kouassi et Waka (Walker).[incompréhensible] À cette époque, les escarmouches avec les britanniques étaient fréquentes, et les moyens ne permettaient pas d'exploiter l'intérieur du pays. C'est à l'intérieur de ces forts que les premiers comptoirs commerciaux seront installés les années qui suivirent.
La ville est, de 1893 à 1899, la première capitale coloniale, portuaire, économique et juridique de la Côte d'Ivoire. La ville de Grand-Bassam a accueilli, dès 1893, le centre de télégraphie sous-marine reliant le «territoire de la Côte d'Ivoire» à Conakry, «territoire de Guinée» d'une part, et à Cotonou «territoire du Dahomey» qui était la seule liaison ouverte sur l'extérieur, de l'autre.
En 1899, la capitale est transférée à Bingerville à la suite d'une épidémie de fièvre jaune: sur les 60 Européens présents dans la ville, 45 décèdent. De nouvelles épidémies éclateront entre 1900 et 1903.
Grand-Bassam continue, toutefois, de jouer un rôle important au sein de la colonie, notamment avec la mise en service de son wharf maritime (177 m de long), et de son phare en 1901. La ville reste un port important jusque dans les années 1930, avant de passer le relais à Abidjan, alors en plein essor.
Le 24 décembre 1949, des femmes ont manifesté contre la puissance coloniale pour demander la libération de leurs époux, frères ou fils, militants anti-colonialistes, qui avaient été arbitrairement emprisonnés. Elles marchèrent ainsi d’Abidjan à Bassam, jusqu’à la prison pour réclamer justice, avant que le mouvement ne soit brutalement réprimé à Bassam. Cet épisode est rentré dans l'histoire sous le nom de Marche des Femmes de 1949 et les participantes sont considérées comme des pionnières de la lutte pour l’indépendance du pays. Le pont qui relie le quartier France à la ville à Grand-Bassam a été rebaptisé Pont de la Victoire en leur mémoire.
La ville est inscrite, le 1er juillet 2012, au Patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le 13 mars 2016, la ville de Grand-Bassam subit le premier attentat perpétré sur le territoire ivoirien. C'est en pleine journée qu'une fusillade sanglante frappe un quartier touristique de la ville faisant au moins 18 morts, dont trois soldats des forces spéciales ivoiriennes et au moins 15 civils, parmi lesquels quatre Français et une Allemande. Dans l'assaut des forces spéciales, trois assaillants ont été neutralisés. Dans la soirée, Al-Qaïda au Maghreb islamique revendique l'attaque par le biais de son agence de presse.
Un mémorial a été érigé à la mémoire de l'attentat de 2016.