Kousséri: Histoire
=== Origines ===
Kousséri est une cité très ancienne, remontant au moins à la civilisation Sao (XIe — XVIe siècles). Ville kotoko, l'une de cinq principautés kotoko, son nom d'origine est M'sr. Un peu plus tard appelé (Qussur : les châteaux)[pas clair] en arabe. Au XVIe siècle, elle était la capitale d'un royaume de M'sr en langue kotoko[Quoi ?] dont les élites au moins étaient islamisées, et mentionnée sous la forme italienne Uncusciuri par Giovanni Lorenzo d'Anania (en). Ce royaume était vassal du royaume du Kanem-Bornou.
Prise par l'armée de Rabah Fadlallah (ou Rabih Zubaïr) à la fin du XIXe siècle, « elle fut le théâtre de la bataille de Kousséri (22 avril 1900), où les troupes françaises du commandant Lamy, alliées aux Baguirmiens, battirent Rabah. Les deux chefs trouvèrent la mort au cours du combat ». La bataille de Kousséri favorisa la conquête du Tchad.
Dans le partage colonial qui suivit, la cité de Kousséri fut attribuée à l'Allemagne au sein de la colonie allemande du Kamerun. « Kusseri » est entre de 1903 et 1913 le siège de la Résidence du « Deutsche Tschadseeländer » en français : « pays du lac Tchad allemand ». La main-d’œuvre locale était placée sous l'autorité du résident allemand.
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Kousséri est fortifiée. Néanmoins, cet avant-poste paraît peu tenable, juste en face de Fort-Lamy, en Afrique-Équatoriale française. La trentaine de soldats des Schutztruppe faisait face à plus de 200 soldats des troupes coloniales françaises. Le poste repousse toutes les attaques françaises jusqu'à fin septembre 1914, jusqu'à ce que les défenseurs ne se replient sur Mora.
Kousséri passe sous le contrôle des Français après la Première Guerre mondiale, à la suite de la défaite allemande. Elle est renommée Fort-Foureau, du nom de l'explorateur français Fernand Foureau qui se rendit en 1900 à la confluence du fleuve Chari et de son affluent le Logone, en compagnie du commandant François-Joseph-Amédée Lamy.
Après l'indépendance du Cameroun en 1960, elle retrouva son nom historique de Kousséri. Originellement ville des Kotokos et ville cosmopolite aujourd'hui, elle accueille de nombreuses ethnies : Arabes Choa (celle-ci constitue l'ethnie majoritaire dans la ville, à cause des conflits tchadiens qui ont poussé les arabes à peupler cette ville Kotoko), Bornouans, et même des ressortissants du Tchad voisin, attirés par cette vicinalité tranquille qui leur offre l'occasion de faire des affaires et, pour ceux qui en ont suffisamment les moyens, de construire ou d'acheter des résidences secondaires.
Située sur la frontière avec le Tchad dont elle est séparée par le Logone, elle accueillit, pendant la guerre Tchad-Libye, des milliers de réfugiés tchadiens qui fuyaient N'Djaména.