Ouaninou: Histoire
=== Peuplement ===
Au XVe siècle, l’éclatement de l’empire du Mali puis de l’empire songhaï entraine dans la région un flux de populations issues du haut Niger et de la boucle du Niger, les malinkés (ou mandé du Nord). Ces populations trouvent sur place le groupe Dan ou Kla (mandé du Sud) qu’elles repoussent en forêt et dans les montagnes.
Les vagues successives de cette migration déterminante pour la région s’étalent sur près de quatre siècles. Vers 1550, les Diomande apparentés aux Camara de l’empire du Mali, après avoir quitté la région de la boucle du Niger, franchissent le fleuve Férédougouba, créent Missadougou avant de se fixer à Sianon et de conquérir toute la région du Bafing. Le mot Mahou, devenu le qualificatif de ces Diomande signifierait « lointain » pour désigner ces populations qui s’étaient fixées très loin de leurs frères d’origine et de leurs points de départ.
D’autres familles malinké, qui arrivent au fil des siècles constituent la souche des familles actuelles, notamment les Bamba, les Koné, les Fadika, les Touré, les Bakayoko, les Sanogo, les Diabaté, les Soumahoro, les Sidibé, les Traoré, les Kourouma ou Doumbia, les Dosso ou Fofana, etc. Avec elles apparaît dans la région la religion musulmane, surtout après la destruction de l’empire Songhaï en 1591 par le pacha Djouder, envoyé du sultan du Maroc.
L’histoire de la région dans la deuxième moitié du XIXe siècle est marquée par l’épopée de Samory Touré qui avait constitué un empire à l’est du Niger. Subissant la pression coloniale française au Soudan, il se déplace progressivement, après 1890, vers le Nord de la Côte d’Ivoire où il continua sa résistance jusqu’à son arrestation à Guélémou en 1898.