Woleu-Ntem: Histoire de la province
Isolés dans la forêt équatoriale, loin des côtes et des premiers établissements coloniaux, les Fangs du Woleu-Ntem n'eurent de contact direct avec des commerçants et explorateurs européens qu'à la fin du XIXe siècle. S'ils acceptèrent facilement d'établir des relations commerciales, les Fangs se montrèrent assez hostiles à la pénétration européenne. Leur pays fut découpé arbitrairement entre la France (Gabon), l'Allemagne (Cameroun) et l'Espagne (Guinée équatoriale) dans les années 1900. La rivalité franco-allemande entraîna plusieurs redécoupages de frontière entre le Gabon et le Cameroun.
La région du Woleu-Ntem fut officiellement créée en 1907. Le premier administrateur colonial, Weber, créa les postes de Oyem, Bitam et Minvoul dans le but de rendre la présence française effective. Une confrérie fang, dite des Binzima, s'y opposa. Simple mouvement de pillards pour les uns, mouvement de résistance à la colonisation pour d'autres, elle réunit de gré ou de force des milliers de Fangs. Les villages ralliés furent initiés, tandis que les villages collaborant avec les Français furent pillés. Oyone Mintsa, du clan Nkodjé, et Ekome Adza, du clan Odzip, furent les principaux chefs Binzima, selon les archives du service historique des troupes de Marine AEF.
Mais la France dut céder le Woleu-Ntem à l'Allemagne en 1912, à la suite du marchandage franco-allemand sur le Maroc. La Première Guerre mondiale n'épargna pas la région. Des combats eurent lieu en 1914-1915 et le Woleu-Ntem fut définitivement rattaché au Gabon. La guerre, l'occupation française, l'impôt obligatoire et le travail forcé furent la cause de plusieurs années de famine qui réduisirent sensiblement la population.
À proximité de Mitzic, en bordure de forêt, se trouve la nécropole de Mimbeng, un cimetière commémorant les combats de la Première Guerre mondiale.
Ce site rappelle les affrontements entre les forces françaises et allemandes pour le contrôle du Woleu-Ntem, alors intégré au Nouveau Cameroun . De l’autre côté de la route, on peut encore apercevoir, envahies par la végétation, des carcasses de chars et de véhicules datant de cette époque. La majorité des soldats inhumés sur ce site étaient des tirailleurs sénégalais, comme l’indiquent les plaques commémoratives.
Le site de Mimbeng a été classé monument historique. Un mémorial y a été inauguré en septembre 2007 par le Gabon et la France.