Uvea: Histoire
=== Arrivée des Polynésiens à Uvea ===
La date exacte du peuplement de 'Uvea (Wallis) est sujette à débat. Daniel Frimigacci l'estime à 1300 av. J.-C., tandis que pour Christophe Sand, les premiers habitants n'ont pu arriver avant 850 et 800 av. J.-C. à Wallis. Ces premiers habitants appartiennent à la civilisation Lapita; ils s'installent en bord de mer, avant d'aller explorer progressivement l'intérieur de l'île. Bernard Vienne et Daniel Frimigacci nomment cette période Utuleve, du nom du lieu initial où se fixent ces premiers habitants (cet endroit se trouve aujourd'hui sur le village de Vaimalau). Plusieurs chefferies indépendantes apparaissent.
Le royaume de 'Uvea, avec une chefferie hiérarchisée, se met en place lors de la deuxième période, nommée Atuvalu, qui va de l'an mil à 1400. Les premiers « rois » (en wallisien hau) de 'Uvea apparaissent à cette époque. Il est difficile d'établir avec précision leur existence, mais ils sont très importants au niveau symbolique, car ils fondent la royauté wallisienne. Ces rois plus ou moins mythiques sont tous enterrés dans un même lieu, Atuvalu (ce qui signifie en wallisien « les huit [rois] alignés »).
=== Premiers contacts européens et influence missionnaire ===
L'île d'Uvea est abordée en 1767 par le capitaine britannique Samuel Wallis, qui lui donne son nom. Le second européen à aborder l'île fut le capitaine Maurelle, à bord de la Princesse, qui nomme l'île « Consolation ». Par la suite, plusieurs marins (beachcombers) s'installent sur l'île à la suite du passage de navires baleiniers. En 1835, des méthodistes venus de Niuatoputapu tentent de convertir l'île au protestantisme, mais échouent et finissent massacrés par les hommes du lavelua Soane Patita Vaimua.
Ce n'est qu'en 1837 que la présence européenne se consolide avec l'arrivée de deux pères maristes, dont le père Bataillon qui convertit la population au catholicisme[réf. souhaitée].
Le père Bataillon comprend rapidement l'importance du pouvoir royal et rédige un Code de Wallis, promulgué en 1871 par la reine Amelia Tokagahahau, qui affirme le pouvoir suprême du lavelua. Ce code fixe également par écrit la composition de la chefferie (six ministres, ainsi que trois chefs de districts et 21 chefs de village, tous nommés par le roi) et entérine la religion catholique comme religion officielle. Pierre Bataillon installe donc une véritable théocratie missionnaire. Ce code est néanmoins assez vite oublié : la configuration de la royauté wallisienne est perçue par la population comme ancestrale, alors même qu'elle avait auparavant évolué dans le temps au gré des guerres entre les différents clans et familles royales (correspondant également à des conflits entre le nord, le centre et le sud de l'île).
Le royaume d'Uvea à Wallis signe un traité de protectorat avec la France (demandé par la reine Amelia Tokagahahau Aliki dès 1842, sous l’impulsion des missionnaires maristes, et ratifié en 1887). Le 5 mars 1888, le protectorat de Wallis-et-Futuna est créé : pour la première fois, Wallis et Futuna sont rassemblées dans une même entité politique. Un résident de France dirige le protectorat, mais doit composer avec la puissante mission catholique et avec la chefferie qui conserve son pouvoir coutumier sur la population wallisienne.
Le protectorat de Wallis-et-Futuna devient un territoire d'outre-mer (TOM) en 1961 après un référendum en 1959 avec les royaumes d'Alo et Sigave. …