Mbujimayi: Histoire
Jadis territoire de Bakwanga, la ville de Mbujimayi doit sa création à la découverte d'un gisement de diamants en 1918 par le prospecteur écossais George Young qui travaille pour la Compagnie des chemins de fer du Bas-Congo au Katanga. La société Forminière est finalement chargée de l'exploitation sur le site de la Lukelenge à la confluence des rivières Mbuji-Mayi et Muya, lequel site fut circonscrit dans la zone A où l’immigration fut strictement contrôlée pour empêcher le trafic du nouveau gisement. Il conviendrait de spécifier que ledit site était en fait une constellation de 13 villages des Bakwanga (descendants de Mwamba Mukwanga) appartenant au clan de Bakwa Nyanguila.
Bien que le diamant soit découvert en 1906, l'hévéa (caoutchouc) y sera également exploité. Le territoire étant densément peuplé, les Belges décident de déporter de nombreux Lubas vers le Katanga (Élisabethville, Jadotville, Kamina). Le territoire peuplé dès le XVe siècle de tribus lubas est soumis par la Force publique au début du XXe siècle, les habitants ne pouvant résister aux armes à feu.
La ville est à cette époque marquée par une urbanisation de type ségrégationniste, organisée en deux espaces, soit la ville européenne d’une part et la cité pour indigènes d’autre part. Le développement de la ville est d'ailleurs lié à la présence des sociétés minières. Avec le développement des activités sur le tracé du chemin de fer Ilebo vers le Katanga en passant par Mwene-Ditu, plusieurs personnes quittent le Kasaï pour le Katanga où s’installe et se développe l'Union minière du Haut-Katanga (UMHK), une importante société minière.
Au tournant des années 60, les guerres sécessionnistes et autres fratricides d’origine politique occasionnent un grand mouvement migratoire qui poussera les Balubas d’ailleurs à revenir à Bakwanga, donnant lieu à une ville spontanée sans normes urbanistiques autour de la cité de la Forminière, qui donnera officiellement naissance à la Société minière de Bakwanga (MIBA), le 13 décembre 1961.
En 1960, lors de l'indépendance de la colonie du Congo belge, la province du Sud-Kasaï fait sécession, avec Albert Kalonji, un Luba comme président. Bakwanga est d'ailleurs la capitale de l'État sécessionniste du Sud-Kasaï entre 1960 et 1962. Le premier ministre Patrice Lumumba du Congo, un Tetela, sera accusé de réprimer la sécession avec l'armée nationale en massacrant les Lubas, ce que l'ONU considèrera comme un « génocide naissant ». Les massacres ayant eu lieu à Bakwanga sont notamment à la base d’une hostilité séculaire tacite, latente ou parfois ouverte entre les Lubas et les Tetelas[réf. nécessaire].
La ville fut par la suite érigée en sous-région urbaine par l’ordonnance no 67-211 du 3 mai[Quand ?]. Au terme de l'ordonnance No 082-006 du 25 février 1992 portant organisation territoriale, politique et administrative, telle que modifiée et actualisée par le décret-loi No 081 du 2 juillet 1998 portant organisation territoriale et administrative, elle est devenue une entité administrative décentralisée dotée de la personnalité juridique. …