Beni (ville): Histoire
=== Fin du XIXe siècle ===
C'est en 1894 que les Belges installent un poste d'État dans ce qui est le territoire administratif actuel de Beni.
En 1889, l'explorateur Henry Morton Stanley découvrit le mont Rwenzori dont le sommet était à l'époque couvert de neige sur 7 km2. Depuis, la fonte du glacier s'est accentuée à cause du changement climatique au point qu'il ne reste plus qu'un petit km².
L'islam imposé par les Arabes et des esclavagistes arabisés se développe dans la région de Beni à partir de 1870, ce qui pourrait expliquer en partie l'usage du swahili en tant que langue véhiculaire de l'époque, le swahili tirant de la langue arabe une bonne partie de son vocabulaire.
Jusqu'aux années 1900, Beni et Irumu faisaient partie de la zone administrative du Haut-Ituri. Vers 1902, Beni fut rattaché à Rutshuru dans le Kivu, marquant ainsi sa séparation définitive d'avec Irumu.
Selon certaines sources, le nom serait la déformation de « Mbene (chèvre en français) ». D'après Butoa Balingene : « Ici habitait un homme qui avait beaucoup de chèvres et pour cela on l’appelait « Mbene ». Et quand les colons sont arrivés, au lieu d’écrire « Mbene » ils avaient écrit ʺBeniˮ ».
Selon d’autres sources, Beni tire son nom de l’arbre appelé « Eebeni » qui veut dire bois d’ébène ou bois noir. Les arabes et les Babembes qui avaient découvert ces arbres les exploitaient dans leurs menuiseries installées au quartier « Cité-Belge ». D'après Pasteur Nzembule « Eebeni est devenu Beni car les colons avaient mal compris la prononciation des autochtones qui disaient « Eebeni Ubongulu ». Ces arbres se trouvaient près de la véranda appelée BOOMA et c’était un palais royal. C’est le lieu où se trouve l’actuelle Mairie de Beni. ».
Selon d'autres sources, la ville doit son nom à Mbene, un chef coutumier influent qui administra cette agglomération avant l'arrivée des colons belges. Un colon belge ayant demandé le nom du village auprès des autochtones avait eu comme réponse « Chez Mbene », mais aurait comprit et noté « Beni ».
Les noms donnés à plusieurs sites, quartiers et rivières autour de la ville de Beni témoigneraient d'une forte influence des colons belges au Congo-Léopoldville en général et dans l'est du pays en particulier. « Boïkene » est le nom d'un des quartiers huppés de Beni. Ce quartier doit ce nom à un Belge qui aurait souhaité un « bon week-end », en fin de semaine, à l'équipe de cantonniers qu'il dirigeait. Ces derniers, analphabètes, ont cru que ce lieu s’appellerait « Bo-ï-Kene » et se mirent à propager la nouvelle autour d'eux. De Cité Belge (vers Mabolio), un autre Belge se serait intéressé à la montagne qui surplombe ce village et aurait demandé aux badauds : « Qu'y a-t-il là-haut? » Depuis, ladite montagne s'appelle « La-o ». Et un autre colon belge, alors qu'il se trouvait sur la route de Mangina, donna ordre à ses accompagnateurs : « Passez ici et suivez le chemin de la brousse ! ». Ces derniers se dirent entre eux : « Le Blanc dit que ce village s'appelle 'Pa-sse-si' et que de l'autre côté où son doigt était pointé c'est 'Bou-rou-sse' ». Ainsi seraient nés les noms de Pasisi et de Burutsu. Enfin, pour ce qui est de l'origine du nom porté par la rivière Semliki, on raconte qu'un explorateur aurait demandé à un pêcheur qu'il trouva en train de pêcher de lui communiquer le nom de cette rivière. …